Sur la piste de la Méditation

Tous les conseils qui suivent vous seront utiles afin d'appréhender et de découvrir la méditation. Personne ne peux vous dire ce qu'est la méditation, et ce serait absurde, mais on peut vous dire ce qu'elle n'est pas. Le raccourcis est d'expliquer que la méditation née de la non pensée. Alors ce que l'on peut enseigner, c'est tout ce qui conduit à la non pensée. Le reste ne peut être que le ressort du pratiquant. Vous pourriez lire mille textes traitant de la méditation qu'aucun ne vous aideraient à la découvrir. Il faut fournir un effort important pour se laisser surprendre par la non pensée. Cet état de non pensée étant la pure méditation. Et je peux vous dire quelque chose, c'est que 30 jours de méditation ininterrompue, 30 jours de non pensée et le 31eme jour, il se passe quelques chose.......

« En suivant cette voie suprême de la présence sans distraction, les bouddhas du passé ont obtenu l’illumination, les bouddhas du futur l’obtiendront, et ceux qui l’obtiennent actuellement le font en suivant cette Voie de la présence car il n’est pas d’autre façon d’atteindre l’illumination. »


Apprendre à se concentrer

Le problème de la plupart des débutants est la difficulté à se concentrer pendant un certain temps. Il n'est pas nécessaire de maîtriser totalement son mental pour pouvoir connaître sa vraie nature, mais il est nécessaire d´être capable de concentrer l´attention sur autre chose que les pensées. Tant que le débutant aura l´attention constamment attirée dans les pensées, il faudra qu´il s´entraîne à focaliser sur une seule chose.

Nous vous conseillons donc des exercices de respiration assise, comme ceux qui sont pratiqués dans le Zen, et plus particulièrement ceux du Zen Soto Japonais. Le Zazen est une technique de base très efficace qui, si elle est pratiquée dans un lâché prise, peut créer les conditions favorables à l´Eveil.

La pratique consiste à s´asseoir à 1m d´un mur, en tailleur, ou sur les genoux, à pousser le ciel avec le sommet de la tête. Les yeux sont ouverts et le regard tombe à 45 degrés sur le mur. La main gauche dans la main droite, les pouces se touchent (ou le pouce droit est encerclé dans la main gauche, comme chez les Chinois).

Il faut laisser passer les pensées et revenir constamment à sa respiration. L´expiration est plus lente que l´inspiration, ce qui calme le mental. Dès qu´il y a investissement dans les pensées, il faut revenir à la conscience de la respiration, de la posture et de bien pousser le ciel.

Dès que cette pratique devient naturelle, il faut abandonner la concentration sur la respiration et se placer au niveau de l'observateur pur. Cela est très important afin d'éviter la dualité « je » me concentre sur « ma respiration », avec l'orgueil qui s'en suit avec les années de pratique. Certains pratiquants de zen vont jusqu'à se vanter de pouvoir dormir assis, ou d'avoir une respiration lente durant le sommeil. Ce qui n'a bien sûr rien avoir avec le but de l'exercice.

Si vous avez du mal à pratiquer cet exercice seul, nous vous conseillons d'aller dans un centre zen japonais, car une pratique de groupe est un grand soutien.

Faites néanmoins attention à certains enseignements, notamment ceux sur l'existence d'un ego qui gênerait la pratique. La phrase « mettez votre ego dans votre poche » est un exemple d'enseignement schizophrénique dangereux et erroné. Il n'existe pas de « je » capable de restreindre un autre mauvais « je » !

La marche automatique

Pour beaucoup de gens, se positionner en tant que témoin et observer les actions semble pouvoir mener à l'inaction. Les conditionnements mentaux alimentent cette peur, et crée un blocage dans la pratique. Pour vaincre cette peur, il faut s'habituer à revenir à l'instant présent et à observer les actions qui se déroulent spontanément. Voici des exemples d'actions qui peuvent être facilement observées.

Parfois durant la semaine, vous avez le temps de vous rendre quelque part à pied. Par exemple, vous vous rendez à un supermarché pour faire vos courses, ou vous faites une balade en forêt le week-end. L'important est ici d'avoir le temps de pratiquer l'exercice, sans avoir un souci de devoir rentrer chez vous rapidement. Dès le début de la marche, fixez le regard au loin. Vous devez ressentir comme étant dans le corps, comme si vous étiez le passager d'un véhicule. Ensuite, vous observez le véhicule se rendre à sa destination, automatiquement, pas à pas. Vous devez ressentir la paix qu'il y a de laisser le véhicule vous conduire à sa destination.

Un autre endroit de prédilection pour cet exercice est la montée des escaliers. Beaucoup de gens trouvent la montée des escaliers pénible, surtout quand il y a plus de deux étages, et qu'en plus on est chargé de courses. Pourtant, cette montée des escaliers peut être mise à profit d'une pratique spirituelle intense, qui aura comme résultat d'enlever le fardeau de l'exercice physique.

De même que pour la marche, dès le début de la montée, observez-vous comme étant dans un véhicule, confortablement assis en tant que passager. Ce véhicule, utilise sa propre énergie, et monte inexorablement marche après marche l'escalier. Tel un monte-charge, indépendant de votre état de fatigue mentale, il vous conduit en haut des escaliers.

Cet exercice a comme résultat de vous montrer l'indépendance qu'il y a entre Vous et le corps physique, et qu'une bonne partie de la fatigue de ce corps n'est pas physique, mais bien mentale. Quand l'attention est tournée vers l'intérieur, il y a pure conscience et cela débloque les énergies qui étaient auparavant entravées par les pensées négatives.



L'apprentissage du contrôle mental

Il est en tout cas primordial d’éduquer son mental en l’orientant et en le maintenant dans une seule direction. Autrement dit, d’obliger sa pensée à demeurer dans un même mouvement linéaire, et s’il veut s’écarter de ce schème, le ramener aussitôt dans son état premier.

La pensée prend des aspects multiples qui égarent notre attention. Dès cet instant on devient très vite distrait et cette mauvaise habitude conduit généralement à un manque de concentration. C’est un exercice très simple et qui ne demande aucune tension particulière de notre part, si l’on excepte qu’il faut demeurer vigilant quant aux mouvances des pensées disparates qui viennent en flot dans la conscience. On l’appellera : l’attention juste.

La pensée s’oriente toujours dans le sens où l’on réfléchit, donc il importe d’avoir à tout instant, de bonnes pensées. Si un événement quelconque se produit dans notre vie quotidienne, par exemple une contrariété dans le travail, une remarque faite par un collègue et si nous concentrons notre pensée sur les effets négatifs qu’entraîne cette remarque désobligeante, il en résultera de la colère. Le besoin de l’exulter s’en suivra pour finalement éclater à l’extérieur de nous-même. Au contraire, si nous ne pensons pas à ce qui a été dit de désobligeant, mais que nous maintenons la pensée dans un « vide » sans forme, il n’y aura aucun effet sur notre comportement. On l’appellera : la pensée juste.

Le vide sans forme s’obtient en cessant d’associer les paroles ou les actions faites par autrui sur soi et les assimiler comme des agressions. Cependant suivant les circonstances, il faut examiner à la lumière de la raison, s’il vaut la peine qu’on réponde à certaines agressions et mesurer l’importance de la réplique face à ces agressions. La riposte sera donc proportionnelle tout en veillant à demeurer courtois et autant que peut se faire, doux et pacifique. On l’appellera le comportement juste.